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Article publié le 25/05/10 par MyCoop

Soirée MyCoop: Microcrédit et web, nouveaux tremplins pour les entrepreneurs des quartiers?

[Déli Royo pour MyCoop]

La dernière soirée MyCoop, organisée en partenariat avec l’Adie à l’occasion de la semaine du microcrédit, a été animée par Vincent de Féligonde (chef du service Monde au journal La Croix). Cette soirée a eu lieu le mercredi 2 juin et a permis de découvrir les initiatives d’entrepreneurs dans les quartiers, soutenus dans leurs actions par l’ADIE grâce au microcrédit qui leur a été accordé et aux formations d’accompagnement mises en place.

La soirée débute par le visionnage de 5 court-métrages de jeunes réalisateurs, qui chacun illustre ce qu’est le microcrédit (Retrouvez les films en cliquant ici). Plusieurs intervenants ont ensuite pris la parole au cours du débat afin de présenter leurs initiatives.

Tout d’abord, Franck Lahoui, fondateur de Franck Lahoui Communication a pris la parole afin de faire part de son parcours. Fort de son expérience dans la vidéo, avec notamment à son actif la présentation d’un court-métrage au festival de Cannes, Franck Lahoui a décidé de sauter le pas et de créer sa propre entreprise. Il participe à l’une des formations de l’Adie permettant d’approfondir les connaissances en matière de gestion d’une entreprise et y fera la rencontre de celui qui, alors intervenant pour l’ADIE dans la formation, est devenu aujourd’hui son principal financeur. Pour Frank Lahoui, ces formations proposées par l’Adie ont été l’occasion de se constituer un réseau, de faire des connaissances et de trouver des soutiens pour ses projets. Ce qui, comme il l’explique, est très important pour faire avancer un projet.

Aurélie Raymond a ensuite présenté sa boutique en ligne 7 belles étoiles. Avec l’aide de quelques amis elle gère sa boutique en ligne sur E-Bay de vente de textiles (t-shirts ; pantalons ; etc.) et a bénéficié d’un microcrédit auprès de l’Adie lui ayant permis de développer son activité. En effet, après des débuts réussis et des ventes qui augmentent, Aurélie se rend compte que pour pouvoir augmenter ses bénéfices et vivre de sa boutique, il lui faut augmenter son stock qui jusqu’alors était insuffisant. Elle se trouve alors confrontée au problème de financement de ce stock et se tourne vers l’Adie afin d’obtenir un microcrédit. Depuis, les bénéfices de sa boutique sont en constante augmentation et elle a pu obtenir le statut de Power-saler sur E-bay (statut qui permet de reconnaitre les vendeurs importants et bien notés).

Claude Gomis, d’abord engagé dans la production musicale avec le label hip-hop indépendant Névralzyk, a choisi de rester dans l’univers artistique pour entreprendre et créer le site NeoNess. Tout comme Frank Lahoui, il a bénéficié d’une formation de l’Adie. Après avoir pris des renseignements auprès de la Chambre de Commerces et d’Industrie de Bobigny, il se rend à l’Adie pour bénéficier de la formation Créajeunes, parcours imaginé par l’Adie pour répondre à la forte volonté des jeunes des quartiers de créer leur entreprise. Il crée donc Neoness qui est un portail visant à  valoriser et exposer des talents francophones.

Abdellah Aboulharjan, fondateur de lanouvellepme.fr, réseau social pour les entrepreneurs de quartier, a présenté son initiative. Montée sous la forme d’association loi 1901, lanouvellepme.fr est un site de réseau. Il se compose de 4 modules permettant, soit de promouvoir son entreprise en présentant ses actions (Market place), soit d’exprimer un besoin de financement et d’être orienté vers le ou les bon(s) interlocuteur(s) en fonction de la demande (Demande de financement), soit de participer à un forum afin de s’informer sur des thématiques proches des préoccupations des entrepreneurs (Foire aux Questions), soit de bénéficier d’une expertise avec le système de co-développement ou encore du bénévolat de compétences (Bénéficier d’expertises). Avec ce site, l’objectif est de donner plus de chances aux petites structures qui se montent. En effet, Abdellah Aboulharjan est parti du constat qu’un grand nombre des entreprises qui se créent ont une faible pérennité, encore plus faible lorsqu’il s’agit d’initiatives portées dans les « quartiers ». Le site lanouvellepme.fr doit justement les aider à passer les différents caps et leur permettre de pérenniser leur activité en leur donnant l’information, le réseau et l’accompagnement le plus efficace possible.


Enfin, Aurélie Duthoit, co-fondatrice de babyloan.org a présenté son parcours et le site qu’elle a créé avec Arnaud Poissonnier. Le principe de babyloan.org est simple : d’un côté il y a des entrepreneurs dans les pays dits « du sud » qui ont un besoin de financement, de l’autre il y a les membres de babyloan.org qui souhaitent prêter leur argent pour financer les projets de ces entrepreneurs. Babyloan.org fait donc le lien entre la collecte de fonds et son utilisation et permet ainsi ce que l’on appelle le microcrédit solidaire. Les membres de babyloan.org ont le choix parmi plusieurs projets d’entrepreneurs dans des pays en développement, ils participent au financement de ceux qu’ils désirent aider en s’engageant à prêter tout ou partie de la somme nécessaire. Cette somme est en réalité mise à disposition par babyloan.org à des Instituts de Micro Finance (IMF) qui eux financent les projets. Ce mécanisme est nécessaire car ce sont ces organismes qui se chargent de vérifier la solidité du projet des entrepreneurs des pays en développement, ce sont eux qui sont en charge de l’accompagnement de ces entrepreneurs dans leur projet et enfin ce sont eux qui s’assurent du bon paiement des échéances et en garantissent le risque. Autant de services qui justifient l’un des aspects les plus critiqués du microcrédit et qui a d’ailleurs fait l’objet de plusieurs interventions lors du débat, à savoir le taux d’intérêt pratiqué. Celui-ci est bien souvent plus élevé que ce que nous pouvons connaitre par exemple en France, mais il doit être mis en rapport avec les taux pratiqués dans ces pays, le fait que les sommes prêtées sont elle-même empruntées à un certains taux d’intérêt et enfin qu’il permet de rémunérer le travail décrit précédemment.
Forts du succès de leur site, et poussés par les attentes de leurs membres, babyloan.org souhaite, en lien avec l’Adie,  développer un système identique pour aider au financement de projets en France. Ils se sont toutefois heurtés à des barrières législatives, car si l’Adie a pu mettre en place son système de microcrédit c’est parce que les fonds prêtés le sont par des banques. Dans le projet de babyloan.org le financement serait assuré par des particuliers, ce qui les a amenés, avec l’Adie, à faire une proposition de loi qui le permettrait. Si celle-ci est promulguée, l’Adie pourra alors bénéficier de fonds récoltés sans taux d’intérêt auprès du grand public via le site babyloan.org. Fonds qui pourront être utilisés pour financer leurs microcrédits.

Ces différentes interventions ont été suivies d’un débat au cours duquel de nombreuses questions ont été posées et les différents intervenants ont pu préciser leurs projets et détailler leurs parcours. Parmi ces questions, l’une d’elle a porté sur le rôle exact de l’Adie dans la réalisation des projets en plus du financement par le microcrédit. Tout les intervenants qui ont bénéficié du soutient de l’Adie ont précisé que l’accompagnement proposé avait été un vrai plus pour eux. Certains ont par exemple pu suivre des formations sur plusieurs semaines et en journée afin de compléter leurs connaissances en matière de finance, ou autres aspects de gestion d’une entreprise, et de travailler à leur développement personnel (présentation de soi, aspects managériaux, etc.). De plus, ces formations étant réalisées avec des intervenants extérieurs, cela permet aux participants d’agrandir leur réseau et créer des liens avec d’autres entrepreneurs qui pourront les soutenir ou simplement discuter avec eux sur leurs projets, leurs doutes, les étapes importantes, etc.

Une autre question a été posée au sujet du nombre de prêteurs sur babyloan.fr et de leur profil. A cette question, Aurélie Duthoit a répondu en indiquant qu’il y avait actuellement plus de 6000 prêteurs sur le site, ayant une moyenne d’âge de 37 ans. Qu’il y avait une majorité d’hommes et que 90% des prêteurs étaient en France, les autres venant principalement d’autres pays francophones. Autre donnée importante, le prêt moyen s’élève à 50 euros.

Enfin, Adie Connect a été présenté brièvement. Il s’agit d’un site créé par l’Adie afin de proposer le microcrédit à ceux qui en ont besoin en passant directement par internet. L’entrepreneur peut ainsi faire sa demande de microcrédit en ligne et recevoir une réponse avant d’être invité à un rendez-vous dans l’une des antennes de l’Adie. Mais Adie Connect c’est également un espace d’information, un point d’appui dans lequel les entrepreneurs peuvent piocher des ressources, avec des outils mis à leur disposition (lettres types ; tableaux d’exploitation ; etc.), une source d’information (Forum ; blogs ; etc.), et également une communauté pouvant être mobilisée (contacts des professionnels intervenant lors des formations ; communauté des entrepreneurs ; etc.). Adie Connect c’est donc à la fois, un outil de demande de microcrédit et une source d’information pour les micro-entrepreneurs.

 
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